QUELQUES
REFLEXIONS
SUR LES MODALITES D'INSTRUCTION
DES DEMANDES DE PERMIS DE CONSTRUIRE
dernière
révision de ce texte : le 17 novembre 1997
(©J.-H. DRIARD - 1997)
NAVIGATION
sommaire
> les autorisations d'urbanisme > le
permis de construire > procédure > instruction
de la demande
Toute règle de procédure vise un
double objectif : d'une part protéger l'administré des abus
administratifs et d'autre part assurer une prise de décision conforme aux
lois et règlements en vigueur. Le cas particulier de la procédure
d'instruction des permis de construire n'échappe pas à ce principe
général. La distinction traditionnelle recevabilité / instruction ne
présente qu'un simple intérêt pédagogique qui masque la réalité et
la logique fonctionnelle du code de l'urbanisme : l'instruction d'une
demande de permis de construire commence dès le dépôt en mairie de la
demande et s'achève à la notification de la décision, voire au-delà si
un recours gracieux nécessite la réouverture du dossier pour confirmer,
compléter ou infirmer la décision qui a été prise.
Le but ultime de toute
organisation d'un service de permis de construire doit suivre cette
logique et répondre à cette question : comment prendre des décisions
parfaitement légales dans le meilleurs délai possible, en fonction des
impératifs locaux et des moyens matériels et humains mis à disposition
?
Procédure et organisation du
service obéissent donc à deux logiques différentes. La seconde doit
être au service de la première, et non l'inverse.
Le code de l'urbanisme fixe une
liste minutieuse de documents à fournir à l'appui de toute demande de
permis de construire. Certains sont obligatoires dans tous les cas,
d'autres ne sont imposés qu'en fonction des caractéristiques propres au
projet, au terrain d'assiette ou au montage juridique de l'opération. La
recevabilité d'une demande de permis de construire consiste à vérifier
si le demandeur a déposé un dossier de demande conforme aux exigences du
code.
Pour ce faire deux conceptions
sont possibles.
La
première conception consiste à vérifier si matériellement les
documents prévus sont fournis. Mais le contrôle ne va pas au-delà. Il
s'agit d'une "recevabilité formelle".
L'avantage est la simplicité et
la rapidité. Un document est fourni ou non, il existe ou n'existe pas.
Aucune interprétation n'est possible de la part de l'agent chargé de la
vérification.
Toutefois, les inconvénients que
présente cette méthode sont évidents Si formellement les documents
existent, rien n'indique s'ils sont suffisant pour permettre une étude
efficace du dossier : le plan de masse ou le plan des façades peut être
insuffisant ; le titre habilitant à construire peut être incomplet ou
non adapté au projet.
Or la recevabilité formelle ne
permet pas de rendre compte de ces difficultés. Le dossier est certes
complet, mais impossible à étudier dans des conditions normales.
La seconde
conception consiste à vérifier non seulement si les documents existent
mais encore s'il sont suffisants pour permettre l'étude du dossier. Il
s'agit alors d'une "recevabilité
fonctionnelle".
Bien entendu, cette recevabilité
nécessite de se plonger plus avant dans le dossier, d'ouvrir plans et
documents et d'en faire une première analyse, même succincte, ce qui
permettra ensuite de faciliter l'étude technique proprement dite.
Cette conception est plus proche
de l'esprit des textes, rappelé plus haut, selon lequel
"l'instruction d'une demande de permis de construire commence au
dépôt de la demande et s'achève à la notification de la
décision". C'est vers elle que devrait tendre toute opération
d'instruction et devrait conduire dans les faits à intégrer la
recevabilité et l'étude technique en une opération continue, même si
formellement ces deux éléments sont "séparés" par la
notification des délais d'instruction.
NAVIGATION
sommaire
> les autorisations d'urbanisme > le
permis de construire > procédure >
instruction de la demande |