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LES POLITIQUES DE LA VILLE EN FRANCE

dernière révision de ce texte : 7 février 1997
(©J.-H. DRIARD - 1997)


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> l'aménagement urbain > traitement social de l'urbanisme
> politiques de la ville


Jusqu'en 1975, la France a connu une période d'urbanisation massive et la multiplication des grands ensembles. Mais à partir de 1975 des problèmes commencent à apparaître. Les immeubles ont été souvent mal conçus et mal bâtis. Cela entraîne leur dégradation physique. Dans le même temps, la population des grands ensembles se modifie : les couches moyennes sont remplacées par des couches plus pauvres chassées des centre-ville puis par des couches de population défavorisées et par des populations immigrées. A la dégradation physique s'ajoute la dégradation sociale. 

  • Pour tenter de lutter contre cette dégradation sont mis en place dès 1976 des opérations "Habitat et Vie Sociale". Ces opérations tentaient d'associer des actions sur le bâti et des actions sur la vie dans la citée (aménagements des espaces extérieurs, équipements collectifs et animation social). Elles étaient financées principalement par l'Etat et dans une moindre mesure par les collectivités locales.
    Ces opérations ont vite connu leur limites : lourdeur administrative, vie sociale et économique des populations négligée, indifférenc des élus locaux et des habitants eux même, séparation de ces interventions avec les interventions en centre ville dégradés pour lesquels les OPAH.
  • Les principes de la décentralisation ont accéléré la modification des procédures. De nouveaux objectifs sont fixés : l'action sur les problèmes économiques et sociaux doit accompagner l'action sur le bâti ; la population doit participer à l'élaboration des projets et les élus locaux doivent être impliqués. Nous en pleine période du socialisme utopique.

Le 23 décembre 1981 est créé une Commission Nationale de Développement social des Quartiers, dans chaque région est créée une Commission Régionale et dans les villes concernées par le programme une Commission Locale, enfin dans les quartiers un "chef de projet DSQ" devait être désigné par le Maire. Il s'agit donc d'une vision à la fois décentralisée et pyramidale de l'organisation de la politique de la ville. Cette organisation présente un caractère bureaucratique très lourd.

L'objectif de développement social des quartier a été inscrit dans les contrats de plan passés pour l'exécution du IXème plan (1984-1988).
Cette volonté décentralisatrice n'a pas empêché l'Etat de s'investir dans cette politique. En juin 1984 est créé le Comité Interministériel des Ville chargé de coordonner les actions de l'Etat. Et ce d'autant plus que ce dernier a multiplié les actions en direction des banlieues: programmes de prévention de la délinquance, missions locales d'insertion sociale, mission "banlieue 89".
Cette politique DSQ a concerné 148 quartiers de 1984 à 1988. Mais là aussi les limites de cette politique sont très vite atteintes : la solution aux problèmes des quartiers "à risque" ne peut être souvent trouvée qu'à l'échelle de la ville elle-même. Il faut donc élaborer une politique d'action plus large que le quartier.

  • Une politique de Développement Social Urbain est mise en place à partir de 1988. Elle vient à la foi s'intégrer et dépasser la politique DSQ. Cette nouvelle politique de la ville s'accompagne de la création de nouveaux rouages et comités ministériels et interministériels, puis en 1991 par la création d'un Ministère de la Ville.

    Cette politique s'articule autour de programmes locaux, accompagnés de programmes nationaux, plus globaux.
    • La politique DSU est globale. Elle s'intéresse au bâti, depuis des mesures d'amélioration de l'habitat jusqu'à des opérations lourdes de destruction-reconstruction. Mais ces opérations sur le bâti s'accompagne d'un traitement social de la population : intégration des immigrés, aides aux démunis, développement de la vie culturelle, prévention de la délinquance... Enfin, ces opérations sont complétées par des actions économiques : formation professionnelles en partenariat avec de grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics.
    • La politique DSU est coordonnée. Il s'agit d'un ensemble d'actions de nature très diverses dont on attend un effet d'entraînement. Mais une coordination est indispensable au sein d'un projet global établi après un diagnostic et faisant l'objet d'une évaluation périodique.
    • La politique DSU est contractuelle. Il s'agit d'une action concerté entre l'Etat et les collectivités locales, avec toutefois une prépondérance de l'Etat. Jusqu'en 1993 il était prévu une multiplicité de convention possible. A partir de 1994 (XIème plan) elles seront toutes regroupées en un seul document : le Contrat de Ville.

 


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