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LA LOI D'ORIENTATION POUR LA VILLE

dernière révision de ce texte : 7 février 1997
(J.-H. DRIARD)


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> l'aménagement urbain > traitement social de l'urbanisme
> LOV

Voir par ailleurs :
LOV et règlementation ] LOV et financement ] LOV et action foncière ]


 

Le texte de référence est aujourd'hui la loi d'orientation pour la ville nº 91662 du 13 juillet 1991, dite "loi-ville" ou "loi sur la ville" ou plus couramment "LOV". Son plus grand intérêt est d’être une loi-cadre, posant un principe très général dont mise en oeuvre devrait être poursuivi par l’ensemble du droit de l’aménagement. Elle tire de ce caractère des caractéristiques particulières

Le but essentiel de cette loi est de lutter contre la tendance à la concentration de l'habitat social dans certains quartiers ou dans certaines communes.

Le projet a fait l'objet d'un large débat préparatoire lancé par le gouvernement en direction des professionnels, des locataires, et des élus locaux. Le texte initial du projet a été modéré et simplifié. Le projet présenté au Parlement et adopté par lui reste quantitativement important. : 47 articles répartis en 6 titres.

Toutefois ce texte appelle, sinon quelques critiques, en tout cas quelques restrictions sur son apport réel :

  • Si ce texte est un texte de référence, il n'est pas un texte fondateur. Ses caractéristiques générales tendent a tempérer la publicité "officielle" qui a été faite autour de lui lors de sa publication : il s'est contenté, sur bien des points, de réaménager des éléments qui existaient déjà.
  • Il n'a pas non plus été le premier : il sera vu par ailleurs (cf. le contrat de ville) qu'une politique de développement sociale de la ville a été mise en place dès les années 1980. Cette politique s'est concrétisée par l'adoption de trois lois. Une loi du 6 juillet 1989 a consacré le droit au logement et s'est voulue une loi d'équilibre entre la nécessité de trouver des logements pour tous et les droits des propriétaires-bailleurs. Un an plus tard, la loi du 31 mai 1990 a voulu mettre en oeuvre du droit au logement pour les plu s démunis (Plan départemental d'action, Fond de Solidarité pour le logement, Protocole d'Occupation du Patrimoine Social. Cette loi s'est en réalité contentée de gérer l'existant; L'actualité récente démontre que le problème du logement des plus démunis n'a toujours pas été réglé). Par la suite, la loi du 13 mai 1991 a institué la dotation de solidarité urbaine permettant une péréquation entre les communes "riches" et les communes "pauvres". Ces trois textes ont été présentés par le gouvernement comme un "dispositif en trois volets destiné à lutter contre la ségrégation urbaine". La loi d'orientation pour la ville est venue compléter ce dispositif par un volet foncier.
  • Son appellation officielle est trompeuse. La LOV n'est pas un texte définissant une politique globale de la ville. Il s'agit au mieux d'une "loi d'orientation de l'habitat dans la ville", et au pire d'une loi "portant diverses mesures".
  • La philosophie du texte repose sur une série de vœux pieux énoncés dans le titre premier.
    • Dans son article premier la loi proclame l'existence d'un "droit à la ville" défini comme le droit pour les habitants à "des conditions de vie et d'habitat favorisant la cohésion sociale et de nature à éviter ou à faire disparaître les phénomènes de ségrégation". L'existence de ce nouveau droit oblige l'Etat et les collectivités locales "à diversifier dans chaque agglomération, commune ou quartier les types de logement, d'équipement et de service".
    • L'article 2 indique que la politique de la ville fait partie intégrante de la politique de l'aménagement du territoire.
    • L'article 3 proclame que la réalisation de logements sociaux est d'intérêt national.
    • L'article 4 prévoit l'organisation d'une concertation pour les projets qui n'y sont pas déjà soumis par l'art. L.300-2 CU.
  • La loi est un texte de compromis entre deux logiques contradictoire : la maîtrise de l'urbanisme a été confié aux communes par les lois de décentralisation, mais la politique du logement demeure largement aux mains de l'Etat. La compétence de principe est donc laissée aux communes, mais sous contrainte : l'Etat garde un large pouvoir de substitution. La loi d'orientation pour la ville participe ainsi au mouvement de recentralisation rampante de l'urbanisme amorcée depuis 1986et dont le dernier élément en date est constitué par les Directives d'Aménagement du Territoire de 1995.

 

La LOV est un texte qui a attiré de nombreuses critiques et a fait l’objet de diverses retouches (notamment par la loi nº94-112 du 9 février 1994, dite “Loi Bosson”). En 1994 un rapport a été demandé à un parlementaire, M. Gilles CARREZ. Ce dernier a souligné le caractère "foisonnant" et complexe du texte, caractère qui a entraîné le report successif de la date d'entrée en vigueur du volet "habitat" de la loi (au 1er janvier 1993, puis au 1er janvier 1994 , puis au 1er janvier 1995), tous les décrets d'application n'étant pas encore publiés. Le choix offert par le rapporteur au Gouvernement était le suivant : soit reporter une nouvelle fois la date d'entrée en vigueur, soit modifier en profondeur le texte. La remise de ce rapport a été suivi par le dépôt d'une proposition de loi, laquelle a débouchée sur l'adoption de la loi relative à la diversité de l'habitat, nº95-74 du 21 janvier 1995 (publiée au J.O. du 24 janvier 1995). Cette loi a profondément modifié certains équilibre initiaux de la loi d'orientation pour la ville (cf. par ailleurs)


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